L'analyse tactique - Chelsea vs Manchester United (2-2)

Publié le par Luciano 0 commentaire
L'analyse tactique - Chelsea vs Manchester United (2-2)

Le 20 Octobre dernier, Chelsea a affronté Manchester United à domicile dans le cadre de la 9è journée de Premier League.

Depuis que le nouvel homme fort de Chelsea est Maurizio Sarri, on a pu voir au fil du temps que le Sarri Ball, comme la presse et les fans aiment l’appeler fonctionnait très bien contre les petites équipes et ce ne sont pas les exemples qui manquent : 3-0 contre Huddersfield, 2-0 contre Bournemouth, 4-1 contre Cardiff, 3-0 contre Southampton, 4-0 contre Burnley, etc…

L’énorme point positif est que ce changement de mentalité dans notre jeu a été fait dans un temps record. En effet, nous étions les premiers étonnés à voir que le 3-4-3 de Conte d’il y a 2 ans, suite à la défaite 0-3 contre Arsenal, marchait aussi bien et surtout aussi vite. Un tel exploit n’était pas envisageable cette saison, c’est pourquoi tout le monde donnait facilement un an à Sarri pour mettre en place son jeu si complexe. Mais lui et son staff n’ont pas vu les choses de cette manière.

Les Blues, au terme de la 10ème journée se trouvaient à la 3ème place du classement, à seulement 2 points des premiers Liverpool et Manchester City qui ont chacun un effectif solide qui jouent ensemble pour la majorité d’entre eux depuis 2 ans, avec à leur tête deux coachs qui sortent de deux très grosses saisons.  

Cependant, comme tout jeu offensif, le Sarriball a une faille (et c’est bien pour cela que cette rubrique existe). Pour parler de cette difficulté, nous allons prendre l’exemple du match contre Manchester United, qui représente le premier duel du Chelsea de Sarri dans une opposition de style des plus classiques.

 

 

LES COMPOSITIONS

 

 

Concernant les XI de départ côté Chelsea, rien d’alarmant. La charnière David Luiz – Rüdiger est performante et efficace dans la relance, les latéraux Marcos Alonso et Azpilicueta sont difficilement dévissables, Alvaro Morata est à la pointe de l’attaque et les trois milieux de terrains Jorginho Kanté et Kovacic sont imbougeables car ils représentent à eux seuls l’équilibre entier de cette équipe.

Côté Manchester United, un 4231 plutôt classique de Mourinho lors des grosses rencontres avec Martial à gauche et Pogba – Matic en sentinelles.

 

LE MATCH

 

1ere mi-temps

 

 

La première mi-temps correspond parfaitement aux attentes de Maurizio Sarri ; en effet ce dernier joue toujours son jeu offensif même contre les grosses équipes car il sait qu’il ne risque rien si l’équipe a le ballon et c’est ce qu’il s’est passé ce soir-là. Chelsea a joué un jeu sans risques (en sachant que les contres attaques de Manchester United pouvaient être fatales), avec une grosse quantité de passes latérales mais qui assurait aux Blues de ne pas concéder de but. C’est à la 21ème minute que Rüdiger ouvre le score pour Chelsea sur un corner de Willian.

L’équipe a même pu avoir certaines occasions dans le dos de la défense en profitant de la qualité de passe de Jorginho et des deux défenseurs centraux, comme illustré plus bas à la 31ème minute de jeu lorsque Marcos Alonso (bien que sifflé hors-jeu de peu) s’est retrouvé en face à face dans la surface sur une seule passe de Rüdiger. Ce plan large (ci-dessous) est très intéressant car il montre parfaitement l’équilibre de l’équipe qui passe tout d’abord par les trois milieux de terrains classiquement, mais également par les efforts défensifs des attaquants. On peut voir ici que Marcos Alonso quitte totalement son poste (alors que la balle ressort de la défense) pour aller jusqu’à la surface mais dans le même temps, Hazard que l’on voit tout en bas sur l’image reste relativement bas pour couvrir lui (et Kovacic) si jamais l’adversaire récupère le ballon. C’est une des bases du jeu de Sarri qui n’est pas souvent relevé : en plus d’un pressing constant et d’une grosse conservation de balle on voit que ce système ne peut marcher sans les efforts offensifs et défensifs des 10 joueurs sur le terrain. 



Cette première période s’achève donc avec 62% de possession pour Chelsea, 6 frappes à 1 seulement côté Manchester United, un jeu sans risque mais totalement sous contrôle. Cependant, la 2nde mi-temps nous montrera que certains points forts de ce jeu peuvent rapidement se transformer en points faibles.

 

 

2è mi-temps

 

Cette seconde période commence sur 5 bonnes premières minutes de la part des Blues, puis on voit une forme de suffisance de la part des joueurs de Sarri sur le terrain. Comme tout jeu offensif, le réel point faible du système se trouve dans le fait que les efforts collectifs se font difficilement à la même intensité pendant 90 minutes et dès lors que cette intensité diminue, l’équipe est totalement à découvert et peut se faire surprendre et c’est ce qui va arriver à partir de la 50ème minute.

Ici, le bloc des joueurs de Mourinho a eu le temps de se placer tranquillement dans la moitié de terrain de Chelsea, on peut voir 4 joueurs à l’arrêt et il suffit d’une passe simple pour casser deux lignes entières, et mettre à néant 45 minutes d’efforts de la part des Blues. Heureusement, Kepa sauve l’équipe sur ce coup mais seulement pour un bref instant puisque Martial crucifie le gardien basque par la suite.